Le Protagoras (Le sophiste)

Socrate poursuit dans ce dialogue un double objectif. D’une main il démontre à l’assemblé que derrière les discours assurés du sophiste se cachent des contradictions, de l’autre, il s’interroge et nous avec lui, sur ce qu'est la vertu.

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Il est question ici de la vertu et des sophistes. Nous rencontrons Socrate, Protagoras et toute une assemblée qui se presse autour du célèbre sophiste arrivé en visite à Athènes il y a peu. Socrate ne vient pas seul, il accompagne un ami qui souhaite s’attacher les services de Protagoras, il en attend de grands avantages dans sa vie publique comme privée mais Socrate ne tarde pas à lui démontrer qu’il ignore ce qu’un sophiste pourra effectivement lui apporter. Animés par le désir de le découvrir, ils entrent donc dans la demeure qui accueille Protagoras. S’en suit un dialogue entre nos deux figures du savoir. L’un sûr de son fait, habile à discourir et l’autre qui se présente sous les dehors du disciple en quête de réponses. Par ses questions d’une fausse naïveté Socrate serre Protagoras au plus près.

Le philosophe poursuit dans ce dialogue un double objectif. D’une main il démontre à l’assemblé que derrière les discours assurés du sophiste se cachent des contradictions, il en profite pour démonter certains procédés rhétoriques. De l’autre main, il s’interroge et nous avec lui, sur la vertu. Le courage, la tempérance ou la magnanimité sont-elles les aspects d’une seule et même chose ou bien des éléments distincts ? Et puis, avant tout, qu’est-ce donc que la vertu ?

Le propos n’est pas ramassé en une synthèse mais se déplie lentement, Socrate revient à l’ouvrage, questionne encore et toujours pour arriver enfin à la solution du problème. La voix de Protagoras, très présente au début, s’épuise lentement pour disparaître. À la fin, il se contente de hocher la tête en signe d’assentiment.

Aucune violence dans ce débat mais de la force et de conviction. Les adversaires se respectent et se craignent. Il s’agit d’un jeu dont il convient de maîtriser les règles, avoir raison ne suffit pas, il faut l’emporter. Le public arbitre le duel et consacrera le vainqueur.

Bonne balade en philosophie !